Thomas TRONEL GAUTHIER : Ce que j’ai vu n’existe plus

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'Ce que j'ai vu n'existe plus' Thomas Tronel-Gauthier, galerie 22,48 m², 2015.

‘Ce que j’ai vu n’existe plus’ Thomas Tronel-Gauthier, galerie 22,48 m², 2015.

Jusqu’au 28 mars 2015 à la galerie 22,48 m²

Perchée sur les hauteurs de Belleville, la galerie 22,48 m² accueille l’œuvre poétique et sensuelle de l’artiste Thomas Tronel-Gauthier. Ce que j’ai vu n’existe plus donne à voir les surprenantes expérimentations, du jeune artiste de 32 ans, sur la matière. Adoptant tour à tour la sculpture, l’installation, la peinture, la photographie ou la vidéo, il réactualise les thèmes classiques de l’histoire de l’art, tels que la nature morte et le paysage.

 

La nature morte

Le tour de salle est rapidement opéré, offrant une engageante vue d’ensemble. Cependant chacune des œuvres de l’artiste mérite d’être longuement contemplée, afin d’en apprécier les différentes lectures. Ses recherches, initiées aux Arts Décoratifs de Strasbourg, il y a plus de dix ans, examinent le statut de l’objet et sa représentation. Dans ‘Récif d’éponges (Capita Vitum)’, de 2010, les éponges naturelles de mer côtoient les éponges végétales de cuisine ainsi que les mousses synthétiques. Ensemble, elles forment une nature morte monochrome blanche qu’il est difficile de ne toucher qu’avec les yeux. A la surprise du spectateur, cet ‘organisme’ qui mêle le naturel et l’artificiel est en porcelaine. Détournant les caractéristiques habituellement attribuées au matériau, l’artiste ‘fossilise’ l’instant qui devient infini, nous invitant à méditer sur la genèse de l’œuvre.

Thomas Tronel-Gauthier, 'Récif d'éponges (capita vitum)', 2010, Porcelaine blanche

Thomas Tronel-Gauthier, Récif d’éponges (capita vitum), 2010, Porcelaine blanche.

 

Le paysage

L’univers géologique et aquatique de Tronel-Gautier prolifère dans l’espace de la galerie, y déposant ses multiples empreintes. Comme une invitation au voyage, le paysage chez l’artiste peut-être à la fois mental – voyage dans les souvenirs et dans l’imaginaire – ou réel. Dans la série des ‘Oracles’ réalisée entre 2012 et 2013, lors d’une résidence artistique sur l’archipel des îles Marquises, en Polynésie française, il utilise une technique traditionnelle pour graver sur la nacre des motifs de champignons atomiques. Les essais nucléaires français dans le Pacifique ont indéniablement laissé leurs traces sur le paysage marin.

Thomas Tronel-Gauthier, 'Les Oracles', 2012-2013, Série de gravure sur nacre (archipel des Tuamotu, Pacifique)

Thomas Tronel-Gauthier, Les Oracles, 2012, Série de gravure sur nacre (archipel des Tuamotu, Pacifique)

La notion d’empreinte est au cœur du travail de Tronel-Gauthier. En témoigne notamment ‘The last Piece of Wasteland #2’. Cette plaque de résine posée à même le sol est un moulage de sable à marée basse. L’artiste immortalise ainsi un phénomène naturel, répétitif qui est également unique et éphémère, tel le passage d’une vague.

 

Une vision sensible qui nous laisse sous le charme !
Ouverture du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur RDV. Galerie 22,48 m²

Thomas Tronel-Gauthier, 'The last Piece of Wasteland #2', 2014. résine teintée.

Thomas Tronel-Gauthier, ‘The last Piece of Wasteland #2’, 2014. résine teintée.

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