EXPOSITION Markus LUPERTZ : Une rétrospective

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Au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris – MAM, Paris – jusqu’au 19 juillet 2015

Markus LUPERTZ, 'Ohne Titel' (Sans titre), 2013. Photo Eric Simon.

Markus LUPERTZ, ‘Ohne Titel’ (Sans titre), 2013. Photo Eric Simon.

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris retrace, à rebours, le parcours riche et varié du peintre et sculpteur Markus Lüpertz, né en 1941. Artiste majeur de la scène allemande, il puise une grande partie de son inspiration dans l’histoire contemporaine, la mythologie grecque et l’exploration du rapport entre figuration et abstraction. Cette première rétrospective française met en lumière les différentes périodes d’une œuvre forte, toujours surprenante.

Légendes et mythologies grecques

Markus LUPERTZ 'Odysseus II' (Ulysse II), 2014 - bronze peint. Photo Eric Simon.

Markus LUPERTZ ‘Odysseus II’ (Ulysse II), 2014 – bronze peint. Photo Eric Simon.

L’exposition rassemble plus de 140 œuvres emblématiques. La plus récente production de l’artiste est révélée dans la première salle. Un immense buste d’homme en bronze peint, sans bras, le regard vide nous accueille. Il est entouré de peintures monumentales issues de la série « Arcadies », réalisée entre 2013 et 2015. Markuz Lüpertz rompt ici avec la représentation classique des scènes mythologiques en intégrant des corps fragmentés et des objets insolites comme des casques d’acier. Ces mises en scènes picturales, qui n’ont plus aucun rapport narratif, font penser à des collages.

 

Vers l’abstraction

Les immenses toiles de la série « Hommes sans femmes. Parsifal » réalisées dans des techniques variées entre 1993 et 1997 constituent un des ensemble les plus conséquents de la création de l’artiste. Cette série fait référence à Perceval, personnage central du roman de Chrétien de Troyes, ainsi qu’à l’interprétation faite par Wagner pour son opéra. Les portraits de Parsifal sont caractérisés par une grande stylisation. Représentés frontalement et sans volume, les visages sont réduits aux seules indications – par de simples traits – des yeux, du nez et de la bouche. Ces représentations se rapprochent nettement de l’abstraction.

Markus LUPERTZ, 'Männer ohne Frauen. Parsifal' (Hommes sans Femmes, Parsifal), 1994. Tempera, huile sur toile. Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris 2015.

Markus LUPERTZ, ‘Männer ohne Frauen. Parsifal’ (Hommes sans Femmes, Parsifal), 1994. Tempera, huile sur toile. Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris 2015.

 

Les Dithyrambes

Après avoir parcouru les salles dédiées à la série sur la guerre (1992), ou celles sur les motifs allemands (1970-1976), les peintures dithyrambiques nous interpellent. Pour cette série réalisée entre 1963 et 1976, Markus Lüpertz utilise la technique dite de « détrempe ». Ce procédé, lors duquel les pigments sont liés par émulsion, permet d’appliquer la peinture en fine couche. Lüpertz se livre ici à une simplification des formes et au grossissement des détails « poussant l’objet vers sa monumentalité ». Les éléments figuratifs, issus de la vie quotidienne, sont isolés de leur contexte et perdent ainsi leur signification originale devenant des motifs abstraits.

 

Markus LUPERTZ. 'Zelt 40 - dithyrambisch', 1965 © Galerie Michael Werner Cologne, Märkisch Wilmersdorf & New York/Lothar Schn. Expo Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris 2015.

Markus LUPERTZ. ‘Zelt 40 – dithyrambisch’, 1965 © Galerie Michael Werner Cologne, Märkisch Wilmersdorf
& New York/Lothar Schnepf © ADAGP, Paris 2015. Expo Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris 2015.

La rétrospective du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris met en avant le regard sûr d’un artiste qui continue aujourd’hui à influencer les jeunes générations de peintres. Une expo incontournable !

Portrait de l’artiste Markus LUPERTZ dans son atelier, 2008. © Andreas Mühe © ADAGP, Paris 2015

Portrait de l’artiste Markus LUPERTZ dans son atelier,
2008. © Andreas Mühe
© ADAGP, Paris 2015

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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1 Comment

  1. Marie   •  

    Markus Lupertz est un peintre allemand de la même trempe que Baselitz, A.R Penck ou Kiefer mais il n’est, pour le moment, pas aussi connu en France. La rétrospective du MAM est un petit bijou !

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